Paperasserie Heureuse femme afro-américaine souriante en vêtements formels assis au bureau en bois dans le bureau moderne et lire le document de rapport.

Selon une étude de RBC Gestion de patrimoine, les jeunes femmes fortunées gèrent leur argent et leur patrimoine avec plus d’adresse que leurs prédécesseures. (Photo de Prostock-studio)

Canada | Finances personnelles

Au tour des jeunes femmes de créer de la richesse

Les femmes des générations précédentes leur ont ouvert la voie.

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Sans doute est-ce l’effet de la confiance, des études, de l’éducation, des possibilités et d’un contexte légèrement plus égalitaire, mais nul ne peut nier que les jeunes femmes d’aujourd’hui prennent leurs finances en main et bâtissent leur patrimoine.

Selon une de RBC Gestion de patrimoine, les jeunes femmes fortunées gèrent leur argent et leur patrimoine avec plus d’adresse que leurs prédécesseures. Les résultats révèlent que les femmes de la génération du millénaire (nées entre 1981 et 2000) gravissent les échelons de la richesse plus vite qu’avant : 22 % des bébé-boumeuses (nées entre 1946 et 1964) possèdent un actif de 5 M$ ou plus, contre 32 % pour les milléniaux (hommes et femmes confondus).

« Les femmes de cette génération occupent une place prépondérante. Elles donnent l’exemple et sont assez riches pour influer sur le cours des choses. »

« Les femmes intègrent le marché du travail plus jeune comparativement aux générations antérieures, explique Abby Kassar, vice-présidente, Service de planification, Clientèle fortunée, à RBC Gestion de patrimoine. Elles sont plus déterminées à faire des études, à accumuler les richesses et à fonder et exploiter une entreprise. »

L’étude de RBC porte sur les gens fortunés (1 051 hommes et femmes du Canada, des États-Unis, du Royaume-Uni et d’Asie – Chine continentale, Hong Kong, Singapour –, dont l’actif atteint au moins 1 M$ US), mais l’influence des femmes en général ne doit pas être négligée. On observe un effet d’entraînement dans la population féminine de divers milieux socioéconomiques, avance Camilla Sutton, présidente et chef de la direction de Women in Capital Markets. « Les femmes de cette génération occupent une place prépondérante. Elles donnent l’exemple et sont assez riches pour influer sur le cours des choses. »

UN EXEMPLE TYPE

Charlotte, qui préfère n’utiliser que son prénom pour des raisons professionnelles, en est l’exemple parfait. Cette opératrice de marché torontoise de 31 ans planifie ses finances et investit tout naturellement, du fait de son éducation, de ses études et de sa profession. « Mon père a réellement orienté notre perception de l’argent quand nous étions enfants, raconte-t-elle. Chaque dollar gagné en décapant la terrasse ou en faisant nos corvées avait de l’importance. »

Dans son couple, Charlotte se charge souvent des décisions financières. « Mon mari sait que je suis douée pour les chiffres, alors il est content que je m’en occupe. Mais il participe toujours aux discussions. »

De toute évidence, ce sont nos mères et nos grand-mères qui ont ouvert la voie aux jeunes femmes talentueuses comme Charlotte. Cette évolution des femmes de la génération Y ne s’est pas faite du jour au lendemain, mais procède des efforts incessants des générations précédentes.

LA SOURCE DU CHANGEMENT

C’est ce que semblent indiquer la carrière et l’expérience des directrices financières Kimberly Stephens et Shauna Hibrant. Âgées respectivement de 39 et 47 ans (nées après le boom) et membres de Dirigeants financiers internationaux du Canada (FEI Canada), elles se sont hissées au faîte de leur profession entre la fin des années 1990 et le début des années 2000, malgré un plafond de verre bien réel. Elles attribuent leur réussite à l’ambition, à leurs efforts soutenus et à leur estime d’elles-mêmes, ainsi qu’à une certaine ouverture à l’idée que les femmes puissent occuper des postes de direction.

« J’ai grandi dans la mentalité du “vouloir, c’est pouvoir” », se rappelle Mme Hibrant, vice-présidente aux Finances chez Morneau Shepell et mère d’un adolescent. « Je n’ai pas été élevée à chercher quelqu’un sur qui je pouvais compter. C’est mon argent, c’est moi qui en suis responsable. »

Pour Mme Stephens, chef des finances d’Appili Therapeutics, sans mari ni enfant, la carrière a toujours été une priorité absolue. C’est ce qui a influencé ses décisions et les occasions qui se sont présentées à elle, notamment son accession à un poste de chef des finances à IMV (anciennement Immunovaccine) à seulement 32 ans.

« De nos jours, les jeunes femmes doivent concilier d’autres impératifs en plus des enfants, mais la structure de nos institutions repose toujours sur des bases patriarcales. »

« J’ai l’impression qu’à différents moments de ma vie, si je m’étais mariée et si je m’étais arrêtée pour un congé de maternité, j’aurais dû mettre un frein à mon avancement professionnel, confie-t-elle. Ce n’est pas pour cette raison que je n’ai pas eu d’enfant, mais je crois sincèrement qu’à mes débuts, mon travail revêtait une telle importance qu’il n’était pas question de m’autoriser un temps d’arrêt. »

Pour Karin Mizgala, cofondatrice et chef de la direction de Money Coaches Canada, ce genre de dilemme nuit encore aux femmes sur les plans financier et professionnel. Accompagnatrice en investissement depuis plus de 20 ans auprès d’une clientèle principalement féminine, Mme Mizgala a constaté que la société s’éloigne lentement, mais sûrement, du statu quo.

« Je sais qu’il reste beaucoup de pain sur la planche », fait-elle observer, se remémorant les obstacles auxquels elle s’est heurtée à tous les échelons de direction. « De nos jours, les jeunes femmes doivent concilier d’autres impératifs en plus des enfants, mais la structure de nos institutions repose toujours sur des bases patriarcales. Les femmes s’efforcent de manœuvrer dans ce cadre, et l’infrastructure financière continue de tenir bon. »

UN ESPOIR À L’HORIZON

Un avenir meilleur se profile à l’horizon. Même si , des comme Tangerine (Brenda Rideout), ACL (Laurie Schultz) et Plan International Canada (Caroline Riseboro) changent la donne. CPA Canada elle-même a une femme à sa tête, la présidente et chef de la direction Joy Thomas, et son équipe de direction se compose à 64 % de femmes.

Selon , en 2011, 950 000 femmes étaient travailleuses autonomes, soit 35,6 % de tous les travailleurs de cette catégorie, une hausse de plus de 20 % sur 10 ans. La , environ 47 % des PME, représentant annuellement plus de 117 G$ en activités économiques au pays, appartenaient en partie ou en totalité à des femmes. Dans un , RBC estimait que cette contribution atteindrait 198 G$ en une décennie.

« Le plafond de verre est toujours là, mais c’est aux femmes de le faire éclater si elles veulent être considérées comme des égales. Après, tout le reste tombera en place. »

Le gouvernement canadien croit manifestement qu’il vaut la peine d’investir dans ce créneau : aux entrepreneures par l’entremise de la Banque de développement du Canada et d’Exportation et développement Canada. Dans la même optique, en juin, Startup Canada instaurait le fonds , qui versera des subventions aux entrepreneures et aux entreprises dirigées par des femmes dans les domaines des sciences, de la technologie, du génie et des mathématiques.

Seule femme de son équipe, Charlotte poursuit sa progression rapide sans se soucier de la dynamique hommes-femmes. « Je pense que les hommes ont un point de vue… jusqu’à ce qu’ils rencontrent une femme qui n’y correspond pas ou qui voit les choses autrement, et qu’ils la considèrent ensuite comme leur égale. Dans la salle des marchés, que je sois une femme n’a plus d’importance, je suis Charlotte, une collègue. »

« Le plafond de verre est toujours là, mais c’est aux femmes de le faire éclater si elles veulent être considérées comme des égales. Après, tout le reste tombera en place. »

POUR EN SAVOIR PLUS

Vous (ou une connaissance) êtes membre de la génération du millénaire et êtes en quête de conseils financiers? La conférence sur la littératie financière de CPA Canada intitulée Mastering Money pourrait vous intéresser. Vous cherchez plutôt à recruter de jeunes talents? Regardez la vidéo Attirer des milléniaux vers la profession pour avoir une idée de ce qu’ils attendent de leur milieu de travail.