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Maven, le service d’autopartage de General Motors, fait partie de « l'économie de partage », qui comprend des services comme le covoiturage et l’entreposage en libre service. (Illustrations de Leif Parsons)

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On partage le volant?

Sur les chapeaux de roue : l’audacieux pari de GM

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En 2009, General Motors a bien failli disparaître, faute d’avoir su suivre l’évolution des préférences de ses clients. Une grave erreur que le géant de l’automobile est bien déterminé  à ne pas répéter.

À l’heure où les services de partage de véhicule essaiment dans le monde entier, le constructeur centenaire de Detroit vient d’implanter à Toronto – 17e ville d’Amérique du Nord – son service d’autopartage Maven. Créé en 2016, celui-ci n’avait pas encore d’antenne hors des États-Unis. Comme avec les applications Zipcar ou Car2Go, téléphone en main, il s’agit de louer à l’heure, assurances comprises, l’un des véhicules que l’entreprise gare ici et là en zone urbaine.

Selon Bloomberg.com, GM préparerait aussi un service d’autopartage de pair à pair qui encouragera les propriétaires d’un véhicule à le louer quand il ne roule pas. Une sorte d’Airbnb de l’automobile, qui prend cette fois modèle sur de jeunes pousses comme Turo, de San Francisco.

« GM joue vraiment d’audace », avance Michelle Krebs, analyste d’Autotrader.com, pour qui tout le secteur est à l’aube d’une profonde transformation, vu l’évolution que connaissent les véhicules électriques et autonomes. « Maven a été créée pour regrouper ces nouveaux services de mobilité chez GM. »

On estime que 24 millions de conducteurs participent à un système quelconque d’autopartage, à l’échelle du monde. Ce chiffre serait appelé à augmenter de 20 % par année en quatre ans, selon le bureau d’études de marché suédois Berg Insight. Quoique cela soit infime à côté du nombre de véhicules en circulation – plus d’un milliard –, l’intérêt économique du covoiturage reste incontestable. Pourquoi dépenser une fortune pour financer, entretenir et assurer un véhicule s’il ne roule pas le plus clair du temps?

Mark Latchford, directeur général de Maven à Toronto, explique que GM veut se démarquer grâce à des véhicules haut de gamme, comme les berlines Cadillac et les utilitaires sport Chevrolet. S’ajouteront des fonctions d’infodivertissement et de connectivité prisées par les jeunes citadins technophiles, toujours moins nombreux à posséder un véhicule.

« Il ne faut ni abonnement ni clé. Le téléphone fait tout », précise M. Latchford, en signalant que Maven comptait déjà plus de 4 000 utilisateurs torontois après 60 jours d’activité. S’il n’a pas eu vent d’un éventuel service de pair à pair, M. Latchford reconnaît sans hésiter que Maven est un véritable laboratoire. On y teste et creuse mille et une choses, de la gestion des parcs de véhicules  aux outils de paiement mobile : « C’est la GM de demain qui prend forme. »

Cela dit, les services de mobilité de GM seront-ils assez rentables pour contrer le déclin de son cœur de métier, la construction et la vente de véhicules?

Lawrence Burns, professeur à l’Université du Michigan, était vice-président à la R D à GM. Il écrivait l’automne dernier dans Autonomous Vehicle Engineering que les constructeurs dégageaient un bénéfice net de 1 000 $ US à 5 000 $ US par véhicule. Par comparaison, un véhicule mobile autonome, capable de parcourir plus de 480 000 km, rapporterait environ 30 000 $ US.

Mais il y a un hic. GM a toujours excellé dans la conception, l’ingénierie et la fabrication à grande échelle. Le défaut de la cuirasse? Le service à la clientèle. Une tâche dont s’occupent – tant bien que mal – les concessionnaires indépendants de son vaste réseau. Une approche orientée client comme celle des Apple, Google ou Uber demandera un nouvel éventail de compétences. Et une refonte de la culture. « Il se peut que GM manque le virage, avoue Mme Krebs. Mais elle a tout à gagner et pas grand-chose à perdre. »

La formule Airbnb fait des petits

Les mots « économie du partage » évoquent ZipCar ou Airbnb. Laquelle, soit dit en passant, a empoché 100 M$ l’an dernier en facturant des frais de réservation à ces particuliers qui élisent domicile chez un étranger. Mais l’économie du « ce qui est à moi est à toi » ne s’arrête pas là. Aujourd’hui, on loue de tout.

Fourbi et fourniment

illustration of miscellaneous items with 'for rent' signVous avez un garage ou un grenier vide? L’australienne Spacer, qui a racheté l’an dernier l’entreprise Roost, de San Francisco, pionnière du partage d’espace, propose aux particuliers américains de profiter d’un lucratif marché de 30 G$ US, celui de l’entreposage en libre-service. Entreposer l’attirail des autres peut rapporter la jolie somme de 400 $ US par mois.

Attirail en tout genre

articles divers avec signe 'à louer'C’est pendant un projet de rénovation à Londres, où ils peinaient à trouver des échelles et des outils à louer, que les fondateurs de Fat Lama ont eu l’idée d’appliquer le modèle du partage à toutes ces choses qui prennent la poussière dans les sous-sols. Constat? Appareil photo, tente, petite robe noire, contrebasse, tout se loue.

Vite, au petit coin

Queen'illustrationSous la rubrique des envies pressantes, Rockaloo offre un service de réservation de toilette – dans un bar, un restaurant ou un café – à Manhattan, à Brooklyn ou dans le s. À partir de 0,99 $ US. Jusqu’à 8,99 $ US pour une heure. On montre son téléphone et hop! plus que quelques pas à faire. Quel soulagement!

À table

illustration of people in restaurant, one dining other working Pigistes et entrepreneurs peuvent désormais louer une table dans les bars et restaurants de New York, entre les repas du midi et du soir, grâce au service KettleSpace, lancé l’été dernier. Tarifs : de 25 $ US pour 10 heures par mois à 99 $ US pour un accès illimité. WiFi gratuit, café à volonté.

Bagages encombrants

illustration de bagages en entreposageLa prochaine fois que vous sillonnerez Londres avec vos valises en attendant que votre chambre d’hôtel soit prête, essayez LuggageHero. Un commerce du coin, comme le marchand de journaux Jimmy & Sons, près de Covent Garden, entreposera vos bagages pour environ 5 $ l’heure, par valise ou par sac. Assurance contre les pertes et dispositif d’inviolabilité en prime.