Neha Kohli, comptable CPA, travaillant pour la troupe de comédie Second City à Toronto

« La comptabilité fait de moi une meilleure humoriste », explique Neha Kohli, une drôle de CPA de 27 ans. « Je n’aurais jamais cru que la comptabilité et l’humour pouvaient se compléter aussi bien. Méditatif, le travail avec les chiffres ouvre un espace de créativité. » (Photo de Nathan Cyprys)

Articles de fond | Magazine Pivot

Drôle de dame

Neha Kohli, une CPA, CA de 27 ans, partage son temps sa firme de conseils et la troupe The Second City de Toronto. Humoriste fiscaliste ou comptable comique?

A Facebook IconFacebook A Twitter IconTwitter A Linkedin IconLinkedin An Email IconCourriel

Quel rôle a joué The Second City dans votre vie?
NK : Quand je me suis jointe à The Second City, je savais qu’intégrer une troupe d’humoristes était l’occasion d’une vie. Alors, j’ai démissionné, je suis retournée vivre chez papa-maman, et j'ai décidé que 2017 serait l’« année de Neha ».

Quelle a été leur réaction?
NK : À 27 ans, mon père a quitté l’Inde en laissant famille et entreprise. Lui aussi a pris un gros risque pour réaliser son ambition. Mes parents doutaient du sérieux de mon nouveau métier. Ils voulaient mon bonheur, mais craignaient que je traîne à la maison, ou que je dorme toute la journée.

Qu’avez-vous fait pour les rassurer?
NK : Afin de gagner ma vie « pour de vrai », j’ai lancé ma boîte de services-conseils en fiscalité. Mes clients : des humoristes, des musiciens, des peintres ou des artistes qui font de l’argent, mais ne savent pas trop comment le gérer. Ainsi, mes deux mondes se rejoignent.

Cela n’a pas dû être évident de trouver un équilibre entre les deux.
NK : En 2017, j’ai travaillé 16 heures par jour. Le matin, comme comptable, puis aux ateliers de formation en humour, où je présentais un numéro en soirée. Et rebelote le lendemain. Cela dit, je n’ai jamais eu l’impression de travailler.

Parlez-nous de votre première fois sur scène.
NK : J’ai déjà fait du parachutisme, et la première fois où je suis montée sur scène pour un numéro de stand-up a été mille fois plus stressante que de sauter d’un avion. Avant ce numéro, j’avais surtout fait de l’impro en équipe. Là, j’étais seule sous les projecteurs, l’air relax, tentant de réprimer un furieux haut-le-cœur.

Avez-vous toujours voulu devenir comptable?
NK : Mon père et ma mère sont tous deux comptables. Ils me l’ont dit et redit depuis leur arrivée ici : la comptabilité est une profession très stable. Il y a les enfants de la balle, mais moi, je suis une enfant de l’abaque.

Y a-t-il un lien entre humoriste et comptable?
NK : La comptabilité fait de moi une meilleure humoriste. Je n’aurais jamais cru que la comptabilité et l’humour pouvaient se compléter aussi bien. Méditatif, le travail avec les chiffres ouvre un espace de créativité. Ma bosse des maths m’aide à faire jaillir les bonnes idées pour mes textes d’humour. Parfois, je prépare une déclaration de revenus et une blague me vient à l’esprit.

Comment envisagez-vous l’avenir? 
NK : J’enseigne à temps partiel la comptabilité au Collège Centennial. Je veux mentorer de jeunes comptables dynamiques. Mon message? « La vie est courte; poursuivez vos rêves. »